Les TARÉS jouent le diamant de la couronne 

Titre original : The Crown Diamond

Traduction de Maurice-Bernard Endrèbe, 1988,

Le Diamant de la couronne

Personnages

Sherlock Holmes, le célèbre détective. 1 : Mickaël 2 : Coline

Dr Watson, son ami. Marie-Ange Charlène

Billy, jeune domestique de M. Holmes. Mickaël

Colonel Sebastian Moran, un criminel intellectuel. Yohann

Sam Merton, un forceur de coffres-forts. Clément

Décor : Le bureau de M. Holmes, Baker Street. Son aspect est des plus courants, mais la pièce comporte une profonde fenêtre en rotonde, devant laquelle est tirée un rideau suspendu à une tringle de cuivre fixée à quelques deux mètres cinquante au dessus du sol.

Entrent Watson et Billy.

Watson. - Un peu impatient et le ton monte pr les répliques suivantes - Bon, Billy, quand sera-t-il de retour?

Billy. - ton neutre - Je ne peux pas vous le dire, monsieur.

Watson. - Quand l'avez-vous vu en dernier?

Billy. - Je ne sais vraiment pas, monsieur.

Watson. - Comment ça, vous ne le savez pas?

Billy.- Non, monsieur. Hier un clergyman est venu, ainsi qu'un vieux libraire et aussi un ouvrier.

Watson. - Et alors? (les 2 ensemble)

Billy.- surpris par l'arrivée d'un second Watson - Je ne suis pas sûr qu'il ne s'agissait pas chaque fois de M. Holmes. Il est en plein dans une affaire actuellement.

Watson. - Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! (l'une après l'autre avec des accents différents)

Billy, jusqu'à ce qu'il quitte la scène, s'adresse à tour de rôle à chacun des Watsons (le dernier ayant parlé), décontenancé par la situation.

Billy.- Inquiet - Il ne mange ni ne dort plus, pour ainsi dire. Comme moi, vous avez vécu avec lui, alors vous savez comment il est quand il donne la chasse à quelqu'un.

Watson. - Je sais, oui. (blasée)

Billy.- C'est vraiment une responsabilité, monsieur... Y a des fois où ça me donne drôlement du soucis. Lorsque je lui demande s'il veut me dire ce qu'il désire pour le dîner, il me répond :

Holmes.-  « Oui, vous me servirez des côtes-purée après-demain à 19h30. » (Billy mime Holmes)

Billy.- « Vous ne mangerez pas avant, monsieur? » je lui demande alors. Et il me répond :

Holmes.- « Je n'ai pas le temps, Billy, je suis très occupé. » (idem)

Billy.- Il devient de plus en plus maigre et pâle, avec les yeux tout brillants. C'est terrible de le voir comme ça !

Watson. - Ça ne peut pas continuer ainsi (avec mépris). Il faut que je lui parle et que j'y mette bon ordre. (énergique)

Billy.- Joyeux, soulagé - Oh ! Oui, monsieur... messieurs... Ça me sera un grand soulagement !

Watson. - Mais de quoi schtroumpf-t-il ainsi?

Billy.- "murmurant" - C'est cette affaire du schtroumpf de la schtroumpfette.

Watson. - Quoi ? Ce schtroumpf de cent mille schtroumpf ?

Billy.- avec entrain - Oui, schtroumpf. Il leur faut le schtroumpfer à tout schtroumpf. Pensez, j'ai vu le Premier schtroumpf et le schtroumpf du conseil assis là, sur ce schtroumpf ! Le grand schtroumpf leur a promis de faire tout son schtroumpf. Il a été vraiment très schtroumpf avec eux, les schtroumpfant tout de suite à l'aise...

Watson. - Schtroumpf! J'ai schtroumpfé ça dans le schtroumpf... Mais dites-moi, Billy,je n'ai rien schtroumpfé là...

-- Rembobinage de la scène. --

Watson.- Fmourtch élandassé fmourtch ej ! Fmourtch.

Billy.- Zailatuissedoutan fmourtch él, eukéva fmourtch ertamer...blablabla. Fmourtch iou.

Watson.- Fmourtch limansEd fmourtch esse ? Aok.

Billy.- Fmourtch alaid fmourtch udrefa tessess.

Watson.- Issain lite fmourtch aok Edem.

-- Reprise de la scène à l'endroit et en français: Michaël secoue Marie-Ange --

Watson. - Mais de quoi s'occupe-t-il ainsi ? (curieux)

Billy.- "murmurant" - C'est cette affaire du diamant de la couronne.

Watson. - Quoi? Ce vol de cent mille livres ? (curieux)

Billy.- avec entrain - Oui, monsieur. Il leur faut le récupérer à tout prix. Pensez, j'ai vu le Premier ministre et le ministre de l'intérieur assis là, sur ce canapé ! M. Holmes leur a promis de faire tout son possible. Il a été vraiment très aimable avec eux, les mettant tout de suite à l'aise...

Watson. - Seigneur ! J'ai lu ça dans le journal ... (énergique) Mais dites-moi, Billy, qu'avez-vous fait dans cette pièce? Qu'est ce que ce rideau ? (watson 2 coupe la parole à watson 1 et change totalement de conversation, zappe sur la déco, avec un air blasé)

Billy.- indifférent - Je ne sais pas, monsieur. M. Holmes l'a fait installer y a de ça trois jours. - enfantin - Mais derrière, y a quelque chose de rigolo.

Watson. - Quelque chose de rigolo?

Billy.- Joyeux - Oui, monsieur. C'est lui qui l'a fait faire.

Il s'approche du rideau qu'il tire de côté, découvrant ainsi une effigie en cire de Sherlock holmes assis dans un fauteuil, le dos au public.

Watson. - Grand Dieu, Billy !

Billy.- Fière - Oui, monsieur... C'est bien lui, hein?

Ce disant, il détache la tête du mannequin et l'exhibe. (tête style 1)

Watson. - C'est extraordinaire. Mais quel en est le but, Billy? (watson 2 reste sur son délire déco, watson 1 est plus terre à terre)

Billy.- Voyez-vous, monsieur, il tient à ce que ceux qui l'épient le croient à la maison quand parfois il n'y est pas.

Sonnerie

- sérieux - Ah ! On sonne, messieurs.

Il remet la tête en place et ne ferme pas le rideau.

Il faut que j'y aille.

Billy sort.

Watson s'assied, allume une cigarette et déplie un journal. (assises les 2 sur le fauteuil double, jeu en miroir)

Entre une vielle dame, grande et voutée, vêtue de noir avec un voile et des anglaises.

Watson, se levant. - Bonjour, madame.

Les watsons se battent pour accoster la dame

La Dame.- les interrompants en s'énervant progressivement

Vous n'êtes pas M. Holmes? Vous n'êtes pas M. Holmes ? Vous n'êtes pas M. Holmes ?

Watson. - s'apercevant de leur situation Non, madame. Je suis son ami, le Dr Watson.

La Dame.- Je me doutais que vous ne pouviez pas être M. Holmes. J'ai toujours entendu dire que c'était un bel homme.

Watson, à part. - Mince alors ! (seul moment où les 2 watsons se regardent, et ont conscience que l'autre est là. Ils se rassoient.)

La Dame.- Mais il me faut le voir tout de suite.

Watson. - Je vous assure qu'il n'est pas là.

La Dame.- Je ne vous crois pas.

Watson. - Quoi !

La Dame.- Vous avez un visage fourbe, sournois... Oh ! Oui, de bien vilains visages. Allez, jeune homme, où est-il?

Watson. - Madame, vraiment...

La Dame.- Très bien je m'en vais le trouver toute seule. Il doit être par ici, je suppose.

Elle se dirige vers la porte de la chambre.

Watson, se levant et lui barrant le chemin. - C'est sa chambre à coucher. Vraiment, madame, vous dépassez les bornes !

La Dame.- Je me demande ce qu'il garde dans ce coffre-fort...

Comme elle s'en approche, les lumières s'éteignent et la pièce est plongée dans le noir, à l'exception de quatre lampes rouges qui s'éclairent.

Voix off : « N'Y TOUCHEZ PAS !  DON'T TOUCH IT ! NO LO TOCA ! » 

Après quelques secondes, les lumières se rallume et Holmes est debout à côté de Watson.

Watson. - Ciel, Holmes !

Holmes.- Un bon petit signal d'alarme, n'est-ce pas, Watson? Il est de mon invention. (Il se fait mousser)

Explication scientifique du fonctionnement sur un tableau, un fou écrit les "résultats"

Vous le déclenchez en marchant sur une lame du parquet (un fou fait une démonstration) ou je peux aussi l'allumer (tentative de démonstration). De la sorte, quand je reviens, je sais si quelqu'un est venu fureter dans mes affaires. Il s'éteint automatiquement, comme vous l'avez pu voir. (un ton un peu méchant, en direction d'un fou)

Watson. - Mais, mon cher ami, pourquoi diable ce déguisement ?

Holmes.- Un petit entracte comique, Watson. Lorsque je vous ai vu assis là avec un air si solennel, je n'ai vraiment pas pu m'en empêcher. Mais je vous assure que l'affaire dont je m'occupe n'a rien de comique.

Il se précipite vers la fenêtre et tire soigneusement le rideau qui était resté entrouvert.

Bon sang !

Watson. - Pourquoi ? Qu'y a-t-il ?

Holmes.- Du danger, Watson. Des fusils à air comprimé. Je m'attends à quelque chose ce soir.

Watson. - Vous vous attendez à quoi, Holmes?

Holmes, allumant sa pipe. - A être assassiné, Watson. (un fou écrit ou dit “what's else”)

Watson. - Non, non, vous plaisantez, Holmes !

Holmes.- Bien que mon sens de l'humour soit limité, je pourrais quand même imaginer une meilleure plaisanterie, Watson. (Blague : style blague 43) Non, c'est la réalité. Et au cas où cela se produirait

Holmes se retourne vers le tableau où un fou a écrit pleins d'équations

il y a environ une chance sur deux – 

il se retourne

il vaut peut-être mieux que vous chargiez votre mémoire du nom et de l'adresse de l'assassin.

Watson. - Holmes ! Holmes ! Holmes ! Holmes ! (le fou qui écrivait au tableau part en donnant un carnet à un watson, un crayon à l'autre)

Holmes.- Vous pourrez ainsi les donner à Scotland Yard avec mes amitiés et mon ultime bénédiction. Le nom est Morane... Colonel Sebastiane Moran... Notez-le, Watson, notez ! 136 Moorside Gardens. C'est noté? (le watson qui avait le carnet prend le crayon des mains de l'autre watson et fera le scribe pendant toute la scène)

Watson. - Mais il doit sûrement être possible de faire quelque chose, Holmes. Ne pourriez-vous faire arrêter cet homme?

Holmes.- Si, Watson, je le pourrais. Et c'est bien ce qui le tourmente.

Watson. - Alors pourquoi ne le faites-vous pas ?

Holmes.- Parce que j'ignore où est le diamant.

Watson. - Quel diamant ? (feint de ne pas savoir)

Holmes.- faisant une envolée lyrique -Le grand diamant jonquille de soixante-dix-sept carats, mon garçon, et d'une pureté ... Le diamant de la couronne. J'ai réussi à prendre deux gros poissons dans mon filet, mais je n'ai pas la pierre. Alors, à quoi ça m'avancerait de les avoir ? C'est le diamant qu'il me faut.

Watson. - Le colonel Morant est-il un des poissons pris dans le filet?

Holmes.- Oui, et c'est un requin. Il mord.

Un fou montre une peluche requin qui mord

L'autre, c'est Sam Merton, le forceur de coffres-forts. Ce n'est pas un mauvais bougre, Sam, le colonel s'est servi de lui. Sam n'est pas un requin, juste un gros goujon balourd.

Un fou montre un objet faisant penser à Sam (thermomètre en forme de poisson)

N'empêche qu'il se débat aussi dans mon filet.

Watson. - (reprenant ses notes) Où est ce colonel Morane ?

Holmes.- Toute la matinée, j'ai été près de lui... A un moment donné, il a même ramassé mon ombrelle en me disant : « Permettez-moi, madame... ». La vie est pleine de ces imprévus. Je l'ai suivi jusqu'à l'atelier du vieux Straubenzee. Et Straubenzee lui fabrique un fusil à air comprimé... Du très bel ouvrage, à ce que je crois savoir.

Watson. - (Watson 1 et 2 relisant ensembe les notes et tombant sur ces mots qui les interpellent) Un fusil à air comprimé ?

Holmes.- Son idée était de me tuer en tirant à travers la fenêtre. C'est pourquoi j'ai dû faire mettre ce rideau. A propos, avez-vous vu le mannequin?

Il tire le rideau tandis que Watson acquiesce.

Ah ? Billy vous l'a montré. (déçu) Il peut à tout moment recevoir une balle dans sa belle tête.

Entre Billy. Les 2 Watons se figent.

Holmes. - Qu'y a-t-il Billy ?

Billy.- Le colonel Sebastian Morane, monsieur.

Holmes. - Ah ! L'homme en personne. Je m'y attendais plus ou moins... décidément, c'est un homme qui ne manque pas d'aplomb : Il a dû sentir que j'étais sur ses talons.

Regardant par la fenêtre.

Et je vois Sam Merton dans la rue... Sam aussi bête que fidèle... Où est le colonel, billy?

Billy.- Dans la salle d'attente, monsieur.

Holmes. - Introduisez-le quand je sonnerai.

Billy.- Oui, monsieur.

Holmes. - Oh ! Une chose encore, Billy... Si je ne suis pas dans la pièce, introduisez quand même le colonel.

Billy.- Très bien, monsieur.

Il sort. Watson 1 se réveille.

Watson. - Je vais rester avec vous, Holmes.

Holmes.- Non, mon cher ami, vous me seriez d'une terrible gêne.

S'approchant du bureau, il écrit quelque chose sur un papier. Pendant ce temps, Watson 2 se réveille.

Watson. - Il peut vous tuer !

Holmes.- Cela ne m'étonnerait pas.

Watson. - Je ne peux vraiment pas vous abandonner ainsi...

Holmes.- Mais si, mon cher Watson, vous le pouvez car vous avez toujours joué le jeu, et je suis certain que vous le jouerez jusqu'au bout. Portez ce message (Il déchire le papier ) ces messages à Scotland Yard et revenez avec la police. Ainsi, notre homme sera arrêté.

Watsom. - J'y vais avec joie ! (un watson déprimé, l'autre heureux)

Holmes.- D'ici à ce que vous reveniez, j'aurai juste le temps de découvrir où est le diamant.

Le docteur arrive sur scène et commence à s'habiller ... Holmes sonne.

Par ici, Watson. Nous allons sortir ensemble. Je préfère voir mon requin avant qu'il ne m'aperçoive.

Watson et Holmes sortent par la porte de la chambre.

Docteur prend le chapeau de holmes / billy, s'habille en Holmes sous l'oeil de billy, qui cherche son chapeau

Entre Billy et le colonel Sebastian Moran, lequel est un homme robuste à l'air cruel, vêtu de façon voyante et qui tient à la main une lourde canne.

Billy. - Le colonel Sebastiane Moran.

Il sort.

Le colonel Moran regarde autour de lui, avance lentement dans la pièce, et sursaute en voyant le mannequin assis dans l'embrasure de la fenêtre. Il le regarde fixement puis, se ramassant sur lui-même, il progresse sur la pointe des pieds en brandissant son gourdin. Au moment où il va l'abattre sur le mannequin, Holmes sort vivement de la chambre.

Holmes. - Ne le brisez pas, colonel, ne le brisez pas !

Le Colonel, il se retourne en chancelant. - Grand Dieu !

Holmes. - C'est un si bel objet. Il est dû à Tavernier, le modeleur français, aussi expert en cet art que Straubenzee pour ce qui est des fusils à air comprimé.

Il ferme le rideau.

Le Colonel. - Des fusils à air comprimé? De quoi voulez-vous parler, monsieur?

Holmes. - Posez donc votre canne et votre chapeau sur cette table. Merci... Asseyez-vous, je vous en prie... cela vous ennuierait-il de déposer aussi votre revolver? Oh ! Bon, comme vous voudrez, si vous préférez être assis dessus.

Le colonel s'assied.

Holmes, poursuivant. - Je souhaiterais avoir cinq minutes d'entretien avec vous.

Le Colonel. - Et moi, avec vous.

Holmes s'assied à côté de lui et croise les jambes les posant quelques secondes sur les genoux du colonel.

Le colonel. - Je ne chercherais pas à nier que j'ai voulu vous agresser voici quelques instants. (amical, comme si il n'avait rien fait)

Holmes. - Il m'avais bien semblé que cette idée avait dû vous traverser l'esprit. (sur le même ton)

Le Colonel. - Et vous ne vous trompiez pas, monsieur.

Holmes. - Mais pourquoi en avez-vous après moi ? (redevenant plus sérieux)

Le Colonel. - Parce que vous vous ingéniez à me créer des difficultés. Parce que vous lancez sur mes traces de vos créatures.

Holmes. - Des créatures à moi? ( le prenant de haut)

Le Colonel. - Je les ai fait suivre et je sais qu'elles viennent vous faire leur rapport. (en pensant être plus intelligent)

Holmes. - Je vous assure bien que non ! (toujours hautain)

Le Colonel. - Allons, allons, monsieur ! D'autres sont capables de se montrer aussi observateurs que vous. Hier, il s'agissait d'un vieux turfiste (voulant prouver qu'il est plus savant)

Un fou donne la définition de turfiste et d'autres fous le coupent

aujourd'hui, c'était une vielle dame. De toute la journée, ils ne m'ont pas perdu de vue.

Holmes. - Vraiment, monsieur, vous me faites là un grand compliment ! Avant qu'il ne soit pendu à Newgate, le vieux baron Dowson avait la bonté de dire que, en ce qui me concernait, la scène avait perdu ce que la police y avait gagné. Et à présent, c'est vous qui venez me dire ces choses aimables. Au nom de la vielle dame comme du turfiste, je vous remercie. Il y avait aussi un plombier désœuvré qui était une belle composition... Mais vous ne semblez pas l'avoir remarqué?

Le Colonel. - C'était vous... Vous?

Holmes. - Votre humble serviteur ! Si vous en doutez, vous pouvez voir sur cette causeuse,

Un fou joue avec l'ombrelle, holmes toussote, le fou remet l'ombrelle en place

l'ombrelle que vous m'avez si aimablement ramassé ce matin.

Le Colonel. - Si je m'en étais douté, jamais vous n'auriez ... (il s'énerve froidement)

Holmes. - repoussant les fous d'un revers de la main -revu cette modeste demeure.

Changement d'éclairage (rouge par exemple) et l'on voit deux fous qui miment la scène telle qu'elle se serait passée si il s'en était douté ... au ralenti ... un coup de canne, un tentative de riposte de Holmes avec l'ombrelle, Holmes se prend un deuxième coup de canne, ...(Charlène et MA)

J'en étais pleinement conscient. Mais vous ne vous êtes douté de rien, si bien que nous voici à bavarder tout deux. (il essaie de calmer le colonel moran)

Le Colonel. - s'énervant progressivement - Ce que vous m'apprenez ne fait qu'aggraver les choses. Ce n'était pas vos gens, mais vous même qui me suiviez ainsi. Pour quelles raison ?

Holmes. - ne se laissant pas démonter - Vous est-il arrivé de chasser le tigre ?

Le Colonel. - Oui, monsieur. (il se détend un peu)

Holmes. - Pour quelle raison?

Le Colonel. - Pfft ! Pour quelle raison chasse-t-on le tigre ? (il reprend le dessus, en apparence et part dans son trip)

Pour l'émotion... le danger.

Holmes. - Et sans nul doute aussi pour avoir la satisfaction de débarrasser le pays d'une bête nuisible, qui le dévaste et nuit à ses habitants.

Le Colonel. - Avec suffisance - Exactement, oui. (il pense avoir à faire à un confrère chasseur)

Holmes. - Malicieux - Et bien, mes raisons sont les mêmes.

Le Colonel, se levant d'un bond. - Insolent !

Holmes. - Tentant de le calmer - Rasseyez-vous, monsieur, rasseyez-vous. Il y avait aussi une raison d'ordre plus pratique.

Le Colonel. - Et c'est ? (il a du mal à se contenir)

Holmes. - Que je veux ce diamant de la couronne.

Un fou saute sur Holmes en disant : Mon précieux ! (avec voix Gollum )

Le Colonel. - Ça, c'est le comble ! Bon, continuez. (Il est un peu rassuré)

Holmes. - Vous saviez très bien que c'était pour cela que je vous suivais. Et la véritable raison de votre présence ici ce soir, c'est que vous voudriez découvrir jusqu'à quel point je suis au courant. Eh bien, je vous le dis sans détour : je suis au courant de tout, à l'exception d'une chose que vous allez m'apprendre.

Le Colonel, sarcastique. - Et quelle est cette chose, je vous prie?

Holmes. - L'endroit où est le diamant.

JEU : Bonsoir et bienvenue dans notre émission !

Ce soir cher public votre mission si vous l'acceptez, (en apparté) enfin vous n'avez pas le choix, est de deviner où se trouve le diamant (voix jeu télévisé).

Voici les différentes propositions : (chaque proposition est matérialisé par une personne qui montre une partie du colonel Moran)

Pour le double fond d'un carton à chapeau : Tapez 1

Pour la poche secrète : Tapez 2 (MA)

Pour le pommeau de la canne : Tapez 3

Pour le colonel Morane dans le salon avec le chandelier : Tapez 4

Pour la proposition qui vous plais le plus, tapez fort dans vos mains !!

Tapez 1 ... Tapez 2 ... Tapez 3 ... Tapez 4 ... (un fou fait mine de compter / applaudimètre )

Vous avez choisi le numéro X ... Bonne soirée.

Sur générique de fin ... X se fait defoncer !

Le Colonel. - Oh ! Vous voudriez que je vous dise ça (avec un geste de la main) ? Mais comment diable pourrais-je le savoir ?

Holmes. - Non seulement vous le savez, mais vous allez me le dire.

Le Colonel. - Oh vraiment ? (Il est sûr de lui, presque moqueur)

Holmes. - Vous ne pouvez pas me bluffer, colonel. Vous êtes limpide comme de l'eau de roche et je vois jusqu'à vos pensées les plus profondes.

Le Colonel. - Alors vous savez où est le diamant. (il se rend compte qu'il vient de se trahir)

Holmes. - heureux et un peu moqueur - Ah ! Vous le savez donc ! Vous venez d'en convenir !

Le Colonel. - tentant de balayer sa confession - Je ne conviens de rien du tout.

Holmes. - Écoutez, colonel, si vous voulez bien vous montrer raisonnable, nous pouvons nous entendre. Dans le cas contraire, le risque est gros pour vous.

Le Colonel. - Et c'est vous qui parlez de bluff !

Holmes, prenant un gros livre sur la table. - Savez-vous ce que je garde dans ce livre ?

Le Colonel. - Non, monsieur. Je n'en ai aucune idée. (interloqué)

Holmes. - tranquille - Vous.

Le Colonel. - éberlué - Moi !

Holmes. - prenant un ton professoral - Oui, monsieur, vous ! Vous êtes tout entier là-dedans, avec tout les actes commis au long de votre dangereuse et vile existence.

Le Colonel. - très énervé avance sur Holmes qui se défend derrière son livre - Le diable vous emporte, (Holmes se signe) Holmes ! N'allez pas trop loin !

Holmes. - Quelques détails intéressants, colonel. La vérité sur la mort de miss Minnie Warrender, de Laburnum Grove. Tout est là, colonel.

Le Colonel. - ne sachant pas trop quoi faire ni dire - Vous... Vous...

Holmes. - en profite pour avancer de nouveau sur moran - Et l'histoire du jeune Arbothnot qui fut trouvé noyé dans le Canal Regents alors qu'il s'apprêtait à vous dénoncer pour avoir triché aux cartes.

Le Colonel. - Je... Je n'ai jamais touché à ce garçon.

Holmes. - Mais il n'en ai pas moins mort bien opportunément. De quoi voulez vous que je vous parle encore, colonel ? Ce n'est pas la matière qui manque dans ce livre.

Puis en accélérant le rythme

Par exemple, le vol commis dans le train de luxe allant à la Riviera, le 13 février 1892 ? Ou bien le chèque sur le Crédit Lyonnais falsifié cette même année ? ou le marathonien mort de cruel façon l'an dernier ?

Le Colonel. - intérompant et de bonne foi - Non, là, vous êtes dans l'erreur.

Holmes. - le clouant d'un sourire - C'est donc que le reste est exact. (Puis amicalement) Colonel, vous jouez aux cartes. Vous savez par conséquent que lorsque l'adversaire détient tout les atouts, c'est un gain de temps que d'abattre son jeu.

Le Colonel. - essayant de jauger son adversaire - S'il y avait un seul mot de vrai dans tout ce que vous racontez, m'aurait-on laissé en liberté depuis tant d'années?

Holmes. -  éclairé comme une star On n'avait pas eu recours à MOI. Dans l'enquête menée par la police, il y avait des chaînons manquants. Mais les chaînons manquants, j'ai le don de les retrouver, vous pouvez m'en croire.

Le Colonel. - rieur - Du bluff monsieur Holmes. Du bluff !

Holmes. - Oh ! Vous souhaitez que je prouve mes dires ? Et bien, si je tire cette sonette, (des fous arrivent pour faire la sonnette) la police arrivera et je n'aurai plus dès lors à m'occuper de cette affaire. Puis, sadique Je sonne ?

Le Colonel. - coupant l'élan de Holmes - Quel rapport tout cela a-t-il avec le joyau dont vous parliez ?

Holmes. - Doucement, colonel ! Ne brûlons pas les étapes et laissez-moi en venir au fait à ma tranquille façon. J'ai tout ce qui est là contre vous et aussi des preuves irréfutables dans cette affaire du diamant de la couronne, tant contre vous que contre votre brute d'acolyte.

Le Colonel. - sceptique - Vraiment !

Holmes. - (en débitant son texte, les fous comptent les points Colonel / Holmes à la "passepartout" ) J'ai le cocher du fiacre qui vous a conduit à Witehall et celui qui vous en a ramené. J'ai l'huissier qui vous a vu près de la vitrine. J'ai également Ikey Cohen qui a refusé de tailler le diamant pour vous. Ikey a mangé le morceau, et la partie est terminée.

Le Colonel. - Bon sang !

Holmes. - Voilà les atouts avec lesquels je vais jouer. Mais il me manque une carte. J'ignore où est le roi des diamants.

Le Colonel. - tripotant son révolver dans son énervement - Vous ne le saurez jamais.

Holmes. - Eh là ! Ne devenez pas méchant comme ça. Réfléchissez (cette parole à un effet instantané sur le colonel moran qui se reprend instantanément) : vous allez passer vingt ans en prison, et Sam Merton aussi. Alors, à quoi vous servira-t-il d'avoir le diamant ? A rien du tout. Mais si vous me dites où il est... Et bien, ma foi, je transigerai... Ce qui nous intéresse, ce n'est pas de vous avoir, vous ou Sam. C'est la pierre. Donnez-la moi et, en ce qui me concerne, vous pourrez à l'avenir continuer à jouir de la liberté aussi longtemps que vous saurez vous tenir. Mais si vous vous laissez aller de nouveau, alors que Dieu vous vienne en aide ! Personnellement, j'ai été chargé de récupérer la pierre, et non de mettre la main sur vous.

Il sonne.

Le Colonel. - Mais si je refuse ? (le colonel commence à sentir que le temps passe et qu'il risque gros)

Holmes. - Alors, hélas, ce sera vous que je livrerais au lieu du diamant.

Entre Billy.

Billy. - Oui, monsieur ?

Holmes, au colonel. - je pense préférable que votre ami Sam participe à cet entretien. Billy, devant la porte d'entrée, vous verrez un monsieur très costaud et très laid. Demandez-lui de monter, voulez-vous?

Billy. - Oui, monsieur. Mais supposons qu'il ne veuille pas venir?

Holmes. - Ne recourez pas à la force, Billy ! Ne le malmenez pas ! Si vous lui dites que le colonel Morane le demande, il viendra.

Billy. - Bien, monsieur.

Billy sort.

Le Colonel. - curieux - Où voulez-vous en venir ?

Holmes. - Tout à l'heure, mon ami Watson était avec moi. Je lui ai dit que j'avais pris dans mon filet un requin et un goujon. A présent, je hisse le filet avec son contenu.

Le Colonel, pointant son pistolet sur Holmes avec une mimique de tueur à gage - Vous ne mourrez pas dans votre lit, Holmes.

Holmes. - Figurez vous que j'y ai souvent pensé, en effet. (il fait tomber le pistolet en le touchant “négligemment” d'un revers de la main, Moran regarde son pistolet, en mode “pantin”) Mais en ce qui vous concerne, vous avez plus de chance de finir à la verticale (Holmes relève le bras de Moran durant le mot vertical d'un geste de bas en haut) qu'à l'horizontale (Holmes baisse le bras du colonel). Toutefois, ce sont là des anticipations morbides. Abandonnons-nous sans réserve aux joies du présent. (Le colonel moran fait mine de prendre son pistolet dans sa poche de devant, mais il n'y est pas – il est au sol --, Holmes se moque du colonel) Inutile de tripoter votre “revolver”, mon ami, vous savez très bien que vous n'oserez pas vous en servir. (le colonel ne comprend pas ce qui se passe) C'est bruyant, les revolvers. Mieux vaut s'en tenir aux fusils à air comprimé. Colonel Moran ... Ah ! Il me semble entendre le pas léger de votre digne associé...

Billy. - M. Sam Merton.

Sam Merton entre, vêtu d'un costume à gros carreaux avec une cravate voyante et un pardessus mastic.

Des fous arrosent Sam Merton avc un saut et un troisième apporte une fleur par dessus. (Charlène et MA)

Holmes. - Bonjour, monsieur Merton. Il fait plutôt humide dehors, non ?

Merton, au colonel. - Qu'est-ce que ça signifie ? Que se passe-t-il ? (à ces mots, Moran se redresse et redevient intelligent et “noble”)

Holmes. - Pour être concis, monsieur Merton, je dirais que tout est fini.

Les fous saluent le public et sont virés par Merton qui fait sa grosse voix.

Merton, au colonel. - Il cherche à être marrant ou quoi? J'suis pas d'humeur à rigoler.

Holmes. - Vous y serez encore moins enclin à mesure que la soirée s'avancera, je crois pouvoir vous l'assurer. Bon, cela dit, colonel, je suis très occupé et je n'ai pas de temps à perdre. Je vais dans ma chambre. En mon absence, faites comme chez vous, je vous prie. Vous pourrez en profiter pour expliquer la "situation" à votre ami. Je vais travailler --- Voix Pagnol : la Barcarolle --- sur mon violon.

Regardant sa montre.

Dans cinq minutes, je reviendrais pour que vous me donniez votre réponse définitive. Vous avez bien compris l'alternative, n'est-ce pas ? Nous mettons la main sur la pierre... ou sur vous...

Il passe dans la chambre en emportant son violon.

Merton. - Mais qu'est-ce que c'est ?  Il est au courant pour la pierre ?

Le colonel. - Oui, il en sait beaucoup trop à ce sujet... Je ne suis même pas sûr qu'il ne sache tout.

Merton. - Bon sang !

Le colonel. - Ikey Cohen a mangé le morceau.

Merton. - Il a fait ça ? Alors il y coupe pas je m'en vais lui casser la gueule !

Le colonel. - Mais ça ne nous aidera en rien. Il nous faut décider de ce que nous allons faire.

Merton. - Un moment ! Il écoute pas, au moins?

S'approchant de la porte de la chambre.

Non, c'est fermé. Et même à clef, j'ai l'impression...

Musique en provenance de la chambre.

Commence alors un air qui est repris en coeur par les fous, puis éventuellement par les acteurs.  

Oui, pas de doute, il est là dedans.

Allant au rideau.

Mettons-nous ici...

Il tire le rideau, découvrant le mannequin.

Oh ! Le diable l'emporte, il était là !

Le colonel. - Tut ! C'est un mannequin, rassure-toi.

Merton. - Un mannequin?

Il l'examine, fait tourner la tête.

Mince alors ! J'voudrais bien pouvoir lui tordre le cou aussi facilement ! C'est lui tout craché Mme Tussaud ne fait pas mieux !

Comme Merton revient vers le colonel, les lumières s'éteignent brusquement et ...

Voix off : « N'Y TOUCHEZ PAS !  DON'T TOUCH IT ! NO LO TOCA ! » 

dans une clarté rouge. Après quelques instants l'éclairage redevient normal. C'est dans cet intervalle que doit s'opérer la substitution.

Merton. - Oh ! J'aime pas ça ! Qu'est-ce que c'est donc? Ça commence à me porter sur les nerfs, Patron !

Le colonel. - Allons, allons, il s'agit simplement d'un de ces trucs enfantins qu'affectionne Holmes... Un ressort ou un déclic actionné par un réveil... Écoute, nous n'avons pas de temps à perdre. Il peut nous faire arrêter pour le diamant.

Merton. - Bon Dieu de bon sang !

Le colonel. - Mais il nous laissera filer si nous lui disons où se trouve la pierre...

Merton. - Ça, il peut se l'accrocher ! Une pierre de cent mille livres !

Le colonel. - C'est ça ou aller en taule.

Merton. - Y a pas moyen de s'en tirer? C'est vous le cerveau, Patron. Vous pouvez sûrement pouvoir trouver une combine ?

Le colonel. - Attends voir ! J'en ai abusé de plus malins que lui. J'ai la pierre ici, dans ma poche secrète.

Jeu : Bravo à ceux qui avait choisis la proposition n° 2.

En fonction du n° qui a été "frappé" : Ton ironique : n°x vous remercie.

Si n°2 choisis : Bien fait pour lui !

Elle peut être hors d'Angleterre dès cette nuit, et taillée en quatre à Amsterdam avant samedi. Il ne sait rien de Van Seddor, tu comprends ?

Merton. - Je croyais que Van Seddor, ça devait attendre jusqu'à la semaine prochaine?

Le colonel. - Oui, ça devait. Mais à présent il va lui falloir partir par le premier bateau. L'un de nous deux va devoir s'arranger pour filer à l'Excelsior avec la pierre dire à Von Seddor de faire cela.

Merton. - Mais on a pas encore mis le double fond au carton à chapeau !

Jeu : Ceux qui avait voté pour n°1 vous n'aviez pas totalement tort

Le colonel. - Alors, il lui faudra courir le risque d'emporter la pierre comme ça. Il n'y a pas un instant à perdre. Quant à Holmes, nous n'allons pas avoir grand mal à le posséder. Il ne nous fera pas arrêter s'il pense pouvoir récupérer la pierre. Nous allons le lancer sur une fausse piste. Avant qu'il ne découvre la manœuvre, la pierre sera à Amsterdam, et nous aussi nous aurons quitté le pays !

Merton. - Formidable !

Le colonel. - A présent, file dire à Van Seddor de faire diligence. Moi, je m'occupe du jobard, à qui je vais servir une histoire de ma façon. Je vais lui raconter que la pierre est à Liverpool... Quand il constatera qu'elle n'y est pas, elle aura été divisée et nous voguerons sur la grande bleue !

Il regarde avec circonspection autour de lui, puis sort de sa poche une petite bourse de cuir qu'il tend à son complice.

Tiens, voilà le diamant de la couronne.

Holmes, il s'en saisit en se levant du fauteil. - Merci.

Le colonel, marquant un arrêt sous l'effet de la stupeur. - Le diable vous emporte, Holmes !

Il enfonce une main dans sa poche.

Merton. - Allez-y, Patron !

Holmes. - Pas de violence, messieurs, pas de violence, je vous en prie. Il faut vous convaincre que vous vous trouvez dans une situation impossible. La police est en bas.

Le colonel. - Maudit... ? Comment vous trouviez-vous là?

Holmes. - Grâce à un moyen tout simple mais efficace : il suffit de faire l'obscurité pendant quelques instants, le reste tombe sous le sens. J'ai pu ainsi vous entendre converser librement, sans que ma présence ne vous gêne. Non, colonel, non : non Derringer 450 est braqué sur vous dans la poche de ma robe de chambre.

Il sonne.

Entre Billy.

Holmes. - Faites-les monter, Billy.

Billy sort.

Le colonel. - Vous nous avez possédés, salaud !

Merton. - Ah ! C'est bien un flic... Mais ce bon sang de violon que j'ai entendu ?

Holmes. - Ah, oui, ces nouveaux gramophones ! Une merveilleuse invention... Mer-veilleuse !



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